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Facilis descensus Averni !

Catégorie: Kids /子供

Accoucher au Japon

Accoucher à l’étranger soulève de nombreuses questions auxquelles on ne pense pas avant d’être confronté au « problème ». C’est vrai, qui va dans un pays en se demandant : « quels sont les méthodes d’accouchements ? », « y a-t-il la péridurale ? », etc. Lorsque je suis tombée enceinte, j’ai découvert que le sujet de l’accouchement au Japon était assez… épineux. Service public médiocre, cliniques privées aux prix exorbitants, péridurale inexistante, suivit médical à la fois trop présent et pas assez informatif… bref, de quoi perturber toute future maman.

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Le système japonais demande aux mamans d’être vraiment suivie : une visite tous les quinze jours pendant le premier et dernier trimestre et une fois pas mois pour le second. J’imagine que tout cela découle de la chute démographique. La mairie rembourse une partie de ces visites via des bons qu’on vous donne lorsque vous allez déclarer votre grossesse. Pour autant, si comme moi, vous choisissez de prendre une clinique privée, avec des techniques médicales un peu plus évoluées, il faudra puiser dans votre porte-monnaie pour combler la différence.

4000 euros c’est ce que coûte un accouchement pas voie basse au Japon, sans péridurale, ni assistance médicale d’aucune sorte. S’il faut une épisiotomie, ça sera 600 euros en plus pour vous. Pour une césarienne c’est 1000 de plus…. bref cela coûte cher !! Ça vous oblige à réfléchir à deux fois avant d’aller à l’hôpital pour une angoisse ! Vous l’aurez compris, ici on encourage l’accouchement naturel et avec le moins d’assistance médicale possible. Aussi j’ai choisit une clinique privée, car je n’avais pas envie de tester l’accouchement mode « moyen-âge ». J’ai bien cherché et j’ai trouvé sur Tôkyô, prêt de chez moi, une clinique qui propose les même services qu’en France, voir mieux, vraiment, vraiment mieux : Inoue Ladies Clinic !

La grossesse est un business comme les autres de ce côté de la planète, avec ses avantages et ses inconvénients. J’ai donc une véritable collection d’échographies photos ET vidéos car on pouvait les avoir à chaque visite. J’ai aussi du payer pour tout ça, comme toute cliente donc on me donner des listes de prestations auxquelles j’aurais droit etc… un peu business is business, mais bon, on s’y fait ! On explique très peu de chose aux mamans, on attend d’elles qu’elles se renseignent de leurs côtés.

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J’ai eu la chance donc d’être dans une clinique super ! Le suivi médical a été au top, la directrice de la clinique m’a pris en charge dès que j’ai eu des soucis de santé et elle m’a accouché par césarienne, avec un autre médecin. On a même blagué pendant qu’elles me refermaient. Dans mon cas, j’ai eu de gros soucis, et je suis passée pas loin de la cata, et le fait d’avoir choisit cette clinique m’a surement sauvé la vie. En plus, la bouffe était terrible et mon homme a été chouchouté aussi. Mon fils a été très bien pris en charge, et malgré ses 2 semaines et demi d’avance il a été tout de suite adorable et en forme. Son nom est même sur un mur de la clinique avec tous les noms des autres bébés nés dans cette clinique.

N’ayant pas pu allaité Dovahkiin, les infirmières ont accepté de le nourrir avec le lait français qu’on leur a donné. Elles n’ont pas fait d’histoire et nous ont tenu informé de tout. Comme je suis étrangère, elles se sont même permis un peu de familiarité avec moi, et j’ai apprécié cela. Elles m’ont taquiné et m’ont aidé lorsque j’ai demandé des conseils. Attention quand même, parler un minimum japonais (dont les termes médicaux) est essentiel quand même. Ben oui je précise car je lis que beaucoup d’étrangères cherchent des cliniques où l’on parle anglais.

Lors de ma sortie, les infirmières m’ont même donné le numéro de leurs service pour que je les appelle si j’avais des inquiétudes. Elles ont été adorables et je ne regrette rien (mis à part tout ce rose !!! ahhh), et je suis contente de mon expérience. Etant seule, sans mes parents ni famille ici, j’ai demandé à être guidé dans tous les petits gestes du quotidien pour mon fils. Le lendemain de ma césarienne j’étais debout à apprendre. Et j’ai apprécié ce temps où l’on m’a épaulé pour bien démarré dans ma vie de maman. Je conclurai donc en disant que je suis plus que contente de mon expérience mais que pour autant, accoucher dans un pays étranger n’est pas pour tout le monde. Si vous avez besoin d’être dans une « confort zone » à ce moment-là de votre vie, il vaut mieux accoucher dans votre pays d’origine, car sinon vous vous exposez à la critique, à l’interrogation, et la remise en cause de toutes vos décisions. Il faut donc être fort dans sa tête pour ne pas douter.

J’espère que cela vous a intéressé, XOXO comme dirait l’autre !

Mommy Monday !

Je dois vous parler d’un truc génial qui existe sur Tôkyô : le Happy Mama Service Taxi ou はぴママサポートタクシー. qu’est ce que c’est ? Simplement un service de taxi qui prend en charge les mamans.

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Comment ça marche ? Vous enregistrez votre numéro de téléphone au service de taxi lorsque vous êtes enceinte, ainsi lorsque vous appelez, votre numéro est reconnu et la standardiste sait que vous êtes enceinte/avec un bébé et donc prioritaire. Après l’enregistrement, vous recevez chez vous une carte de membre qu’il faut donner aux chauffeurs chaque fois que vous prenez un taxi, car cette petite carte garde en mémoire toutes les destinations où vous  êtes allées, donc l’adresse de votre hôpital, de votre docteur et j’en passe, pratique lorsqu’on a autre chose à penser, comme à un bébé.

Contrairement, lorsque vous appelé, on vous demande si c’est bien vous, pour quelle raison vous avez besoin du taxi (savoir si c’est une grosse urgence ou pas ) puis on vous envoie un taxi dans les cinq minutes. Les chauffeurs sont formés pour accueillir les mamans et femmes enceintes. Ils sont trous très gentils et comme ceux sont souvent les même qui viennent, au final ils suivent la grossesse et le bébé.

Je trouve ce service génial et très pratique. Et je suis très contente d’y avoir adhéré. Un petit plus qui aide vraiment ! Merci à Keio Taxi !

Mama in Tôkyô

La vie de mère ici est assez….comment dire… spéciale. Et après bientôt quatre mois dans ce nouveau rôle, je me dois de vous dire à quoi cela ressemble. La maman japonaise se lève fraiche et disponible à 5h30-6h du matin. Après avoir fait ses soins visages et son maquillage, elle mange puis cuisine les bentos de toute la famille. Une fois que tout le monde est parti (école, boulot…), elle a jusqu’à 10H pour faire une lessive et l’étendre, faire le ménage de toute la maison, et s’occuper du petit dernier. Car oui la Japonaise est censée être une vraie Bree Van De Kamp. Vient ensuite le repas de midi, qu’on a cuisiné avec les enfants « pour passer un moment ensemble » ou qu’on va manger avec des amies mamans si on a pas de petit dernier sur les bras.

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L’après-midi c’est shopping, souvent avec une autre copine maman. La maman Japonaise est écolo et mince donc elle va faire ses courses à pieds ou en vélo (sur lequel elle arrive à mettre ses trois mouflets.) et avec un écobag. Dans l’univers de ses mamans, on ne sourit et on ne s’intéresse  qu’aux autres mamans qui répondent aux critères sociaux : Exit le maquillage visible,les fringues tape à l’œil, les tattoo, la cigarette, les étrangers et les kilos superflus (donc je vais bien me faire foutre, surtout que je cumule moi…). Ses enfants doivent savoir se tenir et se taire (surtout se taire) pour ne pas « leurs foutre la honte ». Dans les transports en commun, elle ne s’occupe pas de ses enfants donc ils sont collés à leurs DS, ça laisse du temps pour parler entre mamans ou envoyer des textos

Après retour à la maison et préparation du repas du soir et récupérer les enfants chez les grands-parents. Puis on s’occupe de rentrer le linge, on mange avec les enfants et on se couche avec eux après avoir regardé le dernier drama à la mode. Papa mangera les restes froids qu’elle lui a préparé sur la table. Elle n’invite pas les gens chez elle car elle ne veut pas avoir à ranger la maison. Donc le linge peut sécher à l’intérieur, accroché un peu partout. Elle n’aime pas que ses enfants s’approchent d’étrangers mais envie les étrangères et trouve leurs bébés plus beaux. Elle a l’air d’être toujours en colère car elle n’a pas tous les trucs chers à la mode. (Louis Vuitton, etc..) et elle veut toujours faire des économies.

« Et pour les expatriées » tu me diras ? Je ne sais pas trop vu que je ne traine pas avec (mais va falloir pour Petit Bonhomme). Côté Françaises, de ce que j’ai vu, elles ont l’air de vivre dans un microcosme français donc elles ne sortent pas. Elles râlent sur les Japonais et leurs façon de vivre. Elles ne parlent pas japonais ! Leurs gosses sont un peu en vacances toute l’année car ce n’est pas la France donc on s’en fou. Elles vivent à la Française en plein Tôkyô et se plaignent sur le prix des camemberts et des légumes alors qu’elles vivent dans un F5 en plein centre de Tôkyô souvent avec leurs loyers pris en charge par la banque de leurs maris (ah ben oui, il existe celui-là !). Elles vont aux réunions de l’ambassade (ceux sont bien les seules) et surtout elles ont un avis sur tout ce qui se passe en France.

Côté anglophone, ça a plus l’air d’être « on se sert les coudes dans ce monde de sauvages ». Elles vivent aussi dans leurs monde, sans vouloir changer leurs mode de vies ni leurs habitudes. Mais je vous dirais ça après les avoir rencontré. Car oui, ne pouvant pas m’intégrer au groupe A, ni au groupe B (je risque de faire un meurtre ou changer de nationalité), mais pour que Petit Bonhomme puisse avoir une vie sociale, je cherche à m’intégrer au groupe C les anglophones.

Je tiens enfin à dire que les expatriés ne se résument pas à ces quelques spécimens. Ils y a de nombreux gentils expats qui font leurs vies, intégrés comme ils le peuvent à leurs quartiers et qui ne peuvent compter sur la présence qu’aucun compatriote. Tout le monde ne vit pas aux frais de la princesse pour l’avancement de carrière de Jules. Quand aux Japonaises… no comment !

Voilà, sur ce, je vous laisse, See U dolls !

E.S